La compassion du Samaritain : aimer en portant la souffrance de l’autre

Chaque année, la Journée mondiale des malades nous invite à poser un regard renouvelé sur la souffrance humaine, non pour la contempler de loin, mais pour nous en approcher avec un cœur habité par l’Évangile. Le thème proposé pour 2026 — « La compassion du Samaritain : aimer en portant la souffrance de l’autre » — résonne profondément avec la mission qui est la vôtre et avec l’appel que le Christ adresse à chacun de nous.
Révélation du cœur de Dieu
La parabole du bon Samaritain (Lc 10, 25-37) n’est pas un simple récit moral. Elle est une révélation du cœur de Dieu. Là où d’autres passent, voient et s’éloignent, le Samaritain s’arrête. Il se laisse toucher. Il accepte d’être dérangé. La compassion, dans l’Évangile, n’est jamais une émotion passagère : elle est un mouvement intérieur qui engage le corps, le temps, les ressources, et parfois même la sécurité personnelle. « Il le vit et fut saisi de compassion » — tout commence là.
Marcher un bout de chemin avec la personne qui souffre.
Porter la souffrance de l’autre, ce n’est pas la supprimer à tout prix, ni la comprendre totalement. C’est consentir à marcher un bout de chemin avec celui ou celle qui est blessé, à se tenir à ses côtés sans fuir sa vulnérabilité. Dans les hôpitaux, les maisons de repos, lors des pèlerinages ou dans les visites plus discrètes, vous vivez cela concrètement. Un regard qui accueille, une main qui soutient, une présence silencieuse peuvent devenir un baume plus efficace que bien des paroles.
Se mettre humblement à sa hauteur
La compassion du Samaritain est aussi une compassion humble. Il ne se place pas au-dessus de l’homme blessé. Il se met à sa hauteur. Il ne demande pas d’abord : « Qui est responsable ? », mais « De quoi as-tu besoin maintenant ? ». Cette attitude évangélique nous rappelle que la personne malade n’est jamais réductible à sa pathologie, à son état. Elle demeure un frère, une sœur, porteur d’une dignité inaliénable, même lorsque le corps faiblit, même lorsque la parole se fait rare.

Le christ a porté nos souffrances, jusqu’à la croix
Pour nous, chrétiens, cette compassion trouve sa source dans le Christ lui-même. Jésus n’a pas aimé de loin. Il a porté nos souffrances, jusqu’à la croix. En Lui, Dieu ne se contente pas de compatir : Il partage. Chaque fois que nous nous penchons sur une personne éprouvée, c’est le Christ souffrant que nous rencontrons. Et, mystérieusement, c’est aussi le Christ qui nous précède et nous soutient dans ce service.
Un appel à ne pas rester seul
La Journée mondiale des malades est aussi un appel à ne pas rester seuls. Le Samaritain confie l’homme blessé à l’aubergiste et promet de revenir. La compassion s’inscrit dans une chaîne de solidarité. Notre Hospitalité est précisément ce lieu où le service devient communautaire, où les fatigues se partagent, où la prière soutient l’action. Dans un monde marqué par la vitesse et parfois par l’indifférence, votre engagement est un signe prophétique : il rappelle que la fragilité n’est pas un échec, mais un lieu de rencontre et de grâce.
Participer à l’œuvre de Dieu
Enfin, n’oublions pas que la compassion transforme aussi celui qui la vit. En portant la souffrance de l’autre, nous découvrons nos propres limites, mais aussi une joie profonde, celle de participer à l’œuvre de Dieu. Là où l’amour se donne, même dans la nuit, une lumière se lève.
André Notté
Prière
Que cette Journée mondiale des malades 2026 ravive en chacun de nous le désir d’être, à la suite du Samaritain, des hommes et des femmes qui s’arrêtent, qui aiment et qui portent.
Que la Vierge Marie, si proche de ceux qui souffrent, vous accompagne dans votre mission.
Et que le Seigneur vous bénisse pour chaque geste de compassion posé, souvent dans le secret, toujours dans l’espérance.
Amen
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